La perspective défendue par l’équipe a été d’analyser précisément les mutations en cours à partir des particularités des paradoxes et des métamorphoses de la santé mentale. Nous avons placé au centre des préoccupations de l’équipe les logiques de défense de l’ancien paradigme de la maladie mentale, confronté au défi du nouveau paradigme de la santé mentale. Ces paradoxes et ces transformations expliqueraient pourquoi l’amélioration mentale ou le maintien de soi, en libérant de nouveaux espaces de soin, œuvrent à la constitution de légitimités et de savoir-faire situés hors des professions constituées, parfois revendiqués par le patient lui-même. En effet, l’action curative conduite au nom du bien-être s’applique d’abord au sentiment personnel et conditionne à cet égard une exigence et une expertise inédites chez l’usager, comme en témoignent les initiatives engagées en milieu hospitalier dans le domaine de la qualité de vie. L’usager, acteur et cible à la fois de l’intervention, peut mobiliser ici une conscience étiologique et thérapeutique, soit une compétence personnelle souvent contraire aux logiques de monopole qui bâtissent, traditionnellement, la professionnalisation d’un secteur. Il s’agissait donc d’observer comment les techniques et les instruments de l’intervention médicale, les métiers liés à l’action thérapeutique comme le statut de l’usager sont retravaillés par cette question.
Trois directions de recherche ont été privilégiées :
1) il s’est agi d’abord d’identifier les problématiques d’action initiées par la santé mentale au sein des activités constituées, en médecine de ville ou en milieu hospitalier ;
2) il s’est agi ensuite d’observer les effets que cette thématique exerce sur la distribution des compétences et de l’expertise ;
3) enfin, compte tenu de l’importance que l’accès au bien-être confère à l’individualité du patient, il a été question également d‘évaluer comment la relation thérapeutique, l’organisation du soin, mais également la condition du malade sont modifiées par les exigences d’épanouissement et de qualité de vie, y compris et d’abord au sein de l’institution psychiatrique.
Membres de l’équipe 1 :
B. Bonniau, X. Briffault, M. L. Cesoni, B. Chamak, F. Champion, C. Haxaire, A. P. Le Moigne, M. Lovell, R. Rechtman, E. Rothier-Bautzer, A. Toppani, L. Velpry,
Doctorants :
A. Fontaine, I. Maillard, A. Troisoeufs.


