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Les risques de transmission du VIH et du VHC liés à la consommation de crack et l’acceptabilité d’outils de réduction des risques spécifiques

Contrat en partenariat avec l’ANRS (2007-2008 et 2009-2011)
Responsable scientifique : Marie Jauffret-Roustide


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En France, les consommateurs de crack constituent une population encore mal connue. L’enquête ANRS-Coquelicot réalisée fin 2004 a fourni des données épidémiologiques préliminaires concernant la situation de cette population. Ces résultats, en accord avec les études internationales, mettent en évidence une marginalisation importante des consommateurs de crack et soulignent les prises de risques importantes auxquelles ils s’exposent. Parmi celles-ci, le partage de la pipe à crack, pratique courante chez les fumeurs de crack, apparaît comme un vecteur probable de transmission de l’hépatite C entre usagers. En effet, l’apparition de nombreuses lésions sur les mains et les bouches, consécutives à l’utilisation des pipes en verre, représente les portes d’entrée nécessaires à la contamination par des agents infectieux. A ce jour, la politique de réduction des risques reste centrée autour de l’injection, laissant un peu de côté les prises de risques des consommateurs de crack. Ce constat a mené quelques associations de réduction des risques de Paris à délivrer aux usagers de crack du matériel de consommation tel que des embouts, des pipes ou éventuellement des « kits base ». L’état préoccupant des consommateurs de crack en termes de santé publique est associé à une absence de validation d’outil de réduction des risques. Nous proposons alors une enquête épidémiologique exploratoire à visée descriptive dans le but de mieux connaître les besoins de cette population en France et d’évaluer l’impact de la distribution d’un tel outil sur l’état de santé des consommateurs de crack.


Ce travail de recherche-action se fera par le biais d’une enquête épidémiologique, complétée par un volet socio anthropologique (entretiens approfondis avec quelques UD) permettant de mieux comprendre le contexte dans lequel s’inscrivent les prises de risques infectieux reportés chez les consommateurs de crack. L’étude épidémiologique sera de type observationnel et se déroulera en deux phases séparées par une distribution massive de l’outil sélectionné. Elle sera composée d’un questionnaire socio comportemental et d’une observation médicale, réitérés aux deux étapes de l’étude. Des focus groupes auront permis, au préalable, de s’orienter vers l’outil le plus adapté à la réduction des risques. L’évolution de l’état des mains et de la bouche des UD, et de leurs comportements à risque entre les deux étapes, ainsi que leur satisfaction vis-à-vis de l’outil seront les critères de jugement principaux sur lesquels nous nous pencherons.

Les retombées attendues de cette recherche sont tout d’abord d’ordre scientifique. En effet, en plus de permettre de disposer de données valides sur l’état de santé, le profil, et les pratiques des consommateurs de crack en matière de prévention vis-à-vis des transmissions VIH et VHC, elle permettra de mieux comprendre les déterminants psychosociaux de la prise de risque et de mesurer l’acceptabilité des outils de réduction des risques proposés.

Des retombées d’ordre opérationnel sont elles aussi espérées. La validation scientifique des actions de prévention menées sur le terrain pourrait conduire, si les résultats sont concluants, à la mise en place d’un outil de réduction des risques vis-à-vis des consommateurs de crack.


Publications

- Jauffret Roustide M., Rondy M., Oudaya L., Pequart C., Semaille C., Desenclos J.-C. Évaluation d’un outil de réduction des risques visant à limiter la transmission du VIH et des hépatites chez les consommateurs de crack, Revue d’épidémiologie et de santé publique, 2008, 56 (11) : 376.