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Dernières publications de Claudine Pérez-Diaz


- Pérez-Diaz C. (2009) Le rôle de la science dans les interventions institutionnelles : le cas des risques d’infections nosocomiales et d’accidents de la route, Sciences sociales et santé, 27(4), 73-90.


résumé :

Carricaburu et Lhuilier retracent une socio-histoire récente de la prise en charge d’un problème de santé publique, les infections nosocomiales. Ce travail est mis en perspective avec la prise en charge d’autres risques, en particulier routiers. Il s’agit de préciser le rôle que la science a joué, ou même pourrait tenir, dans des politiques de santé, tant par le savoir produit que par ses méthodes.

D’abord, l’apport des sciences dépasse la recherche de facteurs de risque ; il provient aussi de formalisations descriptives. Ainsi, un modèle épidémiologique des maladies contagieuses s’est-il transformé en un modèle analytique des accidents, d’abord écologique, puis énergétique : le triangle de Haddon. Celui-ci s’est étoffé jusqu’à intégrer les influences de l’environnement social et normatif : la matrice de Haddon. Cet outil polyvalent pourrait-il en retour inspirer une démarche en matière d’infections nosocomiales ? Ensuite, la relation entre savoirs et actions peut être creusée à partir d’un modèle du risque routier. Enfin, des modèles du changement climatique permettent de changer de niveau d’analyse, d’interprétation et même d’action. Pourquoi ne pas utiliser des structurations analogues en matière de santé publique ?



- Pérez-Diaz C. (2009) L’alcool au volant : prise en charge pénale et sanitaire, Archives de politique criminelle, (31), 155-172.


résumé

La création d’une loi réprimant l’alcool au volant dans le code de la route de 1958 avait, entre autres, comme objectif de repérer des malades de l’alcool qu’il fallait soigner. Des travaux scientifiques ont d’abord suscité, ensuite légitimé et enfin façonné des lois pénales. En 1995, la législation française a adopté des seuils d’alcoolémie conformes à l’état de savoirs établis depuis 1964 : la courbe exponentielle qui relie le risque d’accident à l’alcoolémie présente deux points d’inflexion. Leurs valeurs sont celles des seuils légaux actuels en France.

Les contentieux routiers, en particulier ceux associés à l’alcool, occupent une place prédominante dans l’activité des tribunaux correctionnels. Un condamné pour délit sur cinq l’est du fait d’une simple conduite en état alcoolique. Ceux-ci ont massivement des alcoolémies élevées qui révèlent un véritable problème avec l’alcool. Se présente alors une réelle opportunité de leur proposer une forme de soins, fut-elle légère ; et les dispositifs légaux actuels le permettraient. Pourtant, sur quatre conducteurs verbalisés pour une alcoolémie délictuelle, un seul au mieux sera incité à se soigner ou à maîtriser sa consommation. L’offre de soins est donc très sous dimensionnée. L’essentiel du traitement proposé pour ces contentieux demeure strictement pénal, avec une aggravation progressive des sanctions, surtout en cas de récidive. Or, celles-ci désignent probablement des individus ayant des problèmes avérés avec l’alcool. Ainsi, l’objectif initial de soigner des malades de l’alcool repérés sur la route existe toujours. Mais il est loin d’être atteint, un demi-siècle après la création d’une première loi à cet effet. L’objectif répressif continue de prévaloir.